| Type | SUJET |
| Collection | Gaumont (Journal Gaumont) Journal Actualité |
| Durée | 00:04:23 |
| Coul. son | NB Sonore |
5505GJ 00007
Titre : SINISTRE EN FRANCE
1ère diffusion : 1955
Sinistre en FRANCE. La région parisienne, la vallée du RHONE, le lyonnais, le mâconnais et le Sud- Ouest. A PARIS, la crûe de la SEINE n'a pas commencé d'une manière dramatique. Certes, le square du VERT GALANT n'était plus très vert ni très galant sous les pluies de janvier. Certes, NOTRE DAME était menacée de jouer les cathédrales englouties. Certes, d'un bout à l'autre de PARIS, des mesures de protection étaient mises en place en toute hâte, suivant un plan précis. Mais le parisien moyen conservait encore l'âme paisible. Puis les choses prirent une allure moins bonhomme. Et ceux qui avaient l'âge de raison avant la grande guerre revirent des images qui rappelaient de très fâcheux souvenirs. C'est en amont de PARIS que la situation prit tout d'abord une tournure de catastrophe. A bord de notre avion spécial, nos opérateurs ont filmé ce que fut la tragédie de MONTEREAU et de ses environs. Cernés par les eaux de l'YONNE, des villages et des fermes étaient brusquement isolés du reste du monde. Le cinquième régiment du génie doit venir à l'aide des sinistrés les plus menacés pour sauver au moins le cheptel des fermes submergées. Puis on apprit que la FRANCE entière était touchée par la catastrophe. AVIGNON était aux trois quarts envahie et la cité des PAPES ressemblait à une île fortifiée. La vallée du RHONE était dûrement frappée. Les villes riveraines, que ce soit VIENNE ou TOURNUS, payaient leur tribut à l'inondation. Sur de nombreuses routes, la circulation devenait extrêmement périlleuse. A MACON, la SAONE envahissait les quais puis les quartiers proches du fleuve étaient atteint à leur tour, cependant que la route PARIS-MEDITERRANEE était coupée. A LYON, le confluent des crûes du RHONE et de la SAONE se traduisait par une cote de neuf mètres cinquante huit, nécessitant des évacuations en masse. Cependant, à PARIS, où la hauteur du fleuve atteignait sept mètres douze, les désastres s'accumulaient. Malgré les efforts des pompiers qui s'éfforçaient de dégager les égoûts pour éviter l'envahissement brutal de quartiers, l'inondation s'étendait inexorablement. Et les Parisiens, nés badauds, profitèrent de leur dimanche pour voir passer l'eau sous les ponts et à travers les parapets. Une des arches du pont des INVALIDES donnant des inquiétudes, la circulation y fut interdite. De même, on dut fermer le pont des ARTS. Après cinq jours de crûe, il ne restait plus du square du VERT GALANT que les cimes des arbres. Le fameux zouave du pont l'ALMA, témoin traditionnel des débordements de la SEINE, jouait les hommes grenouilles. La GARONNE, à son tour, entrait dans la danse par suite des crûes conjuguées du TARN et du LOT qu'elle ne pouvait plus contenir. Dans la région de MARMANDE, COUSSAN et COUTHURES, les habitants des vallées durent faire des prodiges pour subsister dans ce désastre. Minées par les eaux, des maisons se sont effrondrées quelques heures après l'évacuation de leurs habitants. Tous les éléments semblent s'être conjugués contre les hommes, leurs vies et leurs biens. Lorsque ces images ont été filmées, on faisait entrevoir l'espoird'une amélioration. Mais d'immenses régions de FRANCE ont été ravagées. Frappant les vivants et les morts, l'inondation a accumulé les ruines. Pour ce qui est de détruire, la nature peut encore donner aux hommes de terribles leçons. Catastrophe naturelle.
FRANCE; PARIS; La Seine (Fleuve); Cathédrale Notre Dame de Paris; Mâcon; inondations; CRUE; VACHE; CATASTROPHE NATURELLE