| Type | SUJET |
| Collection | Fondation Jérôme Seydoux Pathé (Pathé Fiction FJSP) Fiction |
| Durée | 00:10:14 |
| Coul. son | NBTeinté Muet |
1906PFIC 00038
Titre : LA FILLE DU SONNEUR
Titre(s) alternatif(s) : LA HIJA DEL CAMPANERO ; / THE BELL RINGER'S DAUGHTER
1ère diffusion : 04/11/1906
REA : Albert CAPELLANI
SCE : André HEUZE
INT : Gabriel MOREAU, Renée COGE, La petite RANSART
En provenance du Théâtre forain Morieux. Scènes dramatiques et réalistes.
Le vieux sonne à toute volée emplissant l’église de la gaieté des cloches. Il regarde à sa montre et fait un geste joyeux. Sa fille l’attend, sa fille ! toute sa raison et sa joie de vivre. Il la trouve prête à sortir : une course pressée explique-t-elle. La voilà dans la rue.Un jeune homme élégant l’attend en automobile. Ils partent. La scène se déroule ensuite au Bois, dans l’enchantement des allées ensoleillées. L’heure passe. Du haut des tours, le vieux attend. Il attend éperdu, tressaillant au moindre bruit, sentant grandir en son coeur une épouvante inconnue. Paris, la grande ville, où s’agitent tant de misères et tant de passions, s’étend au-dessous de lui. Il fouille de son regard anxieux la foule silencieuse des toits aigus et innombrables. Où est sa fille, son enfant ? Vers quel point de cette immensité ! Peu à peu, la silhouette de la ville s’efface dans la nuit. Le vieillard seul en face des énormes gargouilles, semblables à des monstres impassibles, retombe accablé, la tête entre ses mains. Un tripot. L’amant joue. Poursuivi par l’inexorable fatalité, il perd. Il perd jusqu’à son dernier louis. Dans une mansarde, sa maîtresse l’attend en berçant son enfant. L’homme rentre, l’œil hagard, nouvelle recrue de la sombre et dolente armée du vice pauvre et de la détresse sans espoir. En proie aux lâchetés auxquelles l’argent plie les âmes et malgré les supplications apeurées de sa femme, il lui arrache les clefs des tours et dévalise le sonneur. Le vieillard, à son retour, trouve la pièce en désordre, le coffre-fort vide. Un objet par terre ayant appartenu à sa fille lui révèle le crime. Il la maudit. La scène se transporte de nouveau dans la mansarde. La femme, chassée par son amant, fuit avec son enfant. Elle fuit dans la nuit, le souffle brisé, le coeur vide d’espoir et sa marche affolée la conduit vers la Seine. Un marinier la retient au moment où elle va se suicider. L’instinct la ramène alors vers le lieu de son enfance. Notre Dame, énorme et mystérieuse, dort son sommeil de pierre et de longs souvenirs dans son îlot loin du Paris agité et grouillant. Elle dépose son enfant sur le parvis où il est recueilli par le vieux sonneur. Dix ans après. Le grand-père et la petite fille se promènent dans les allées d’un jardin public. Une mendiante leur tend la main. C’est la mère. Elle reconnaît son enfant, l’étreint et lui glisse dans un baiser quelques mots qu’elle ne devait pas oublier. Son enfantine confiance désarme le vieillard et fait subitement crouler tout son ressentiment au choc d’un sentiment très simple de pitié paternelle.
(Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004)
Panoramique sur les toîts de Paris, avec la tour Saint Jacques. Bois de Vincennes. Plans sur la cathédrale Notre-Dame de Paris. Interprètes : Gabriel Moreau Renée Coge la petite Ransart
FICTION; SONNEUR; BARQUE; JEU; QUAI; PENICHE; BEBE; ABANDON; RUE; CERCEAU; JARDIN PUBLIC; FRANCE; PARIS; BOIS DE VINCENNES; Cathédrale Notre Dame de Paris